En 1937, l’Université de Lausanne décerne un doctorat honoris causa à Benito Mussolini. Longtemps relégué à la marge ou traité comme une anomalie, cet épisode soulève aujourd’hui une question essentiellef : comment une institution académique, au cœur d’un État démocratique, a-t-elle pu honorer un dictateur en pleine consolidation de son régimef ?
Bien plus qu’un retour sur une controverse locale, cet ouvrage collectif est issu d’un programme de recherche soutenu par l’Université de Lausanne. En replaçant la décision lausannoise dans le contexte des relations italo-suisses, des circulations du fascisme en Europe et des recompositions politiques de l’entre-deux-guerres, il met en lumière les logiques sociales, intellectuelles et institutionnelles qui ont rendu possible ce choix. Croisant histoire politique, culturelle et universitaire, les contributions explorent l’attraction exercée par le fascisme dans certains milieux suisses, les réseaux qui l’ont relayé, ainsi que les héritages et les silences qui ont marqué l’après-guerre. Elles interrogent également les manières dont les universités affrontent aujourd’hui leurs passés sensibles.
À travers le cas lausannois, ce livre invite à dépasser l’incompréhension de l’octroi de ce titre honorifique pour comprendre les mécanismes d’adhésion, d’aveuglement et de mémoire – et à interroger le rôle des institutions face aux dérives autoritaires, hier comme aujourd’hui.
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