L'avenir de la médecine
En l’état, les conseillers offrent des informations plutôt que des recommandations. Mais à mesure que les tests génétiques se banalisent, les options peuvent devenir plus complexes et les choix plus difficiles à arbitrer, plus encore si les traitements possibles sont limités. Voudriez-vous savoir si vous avez une prédisposition à une maladie incurable ? Comment réagiriez-vous aux résultats de tests dont l’incertitude reste élevée ?
Les patients prendront de plus en plus le contrôle de leurs données et déposséderont progressivement les médecins de la responsabilité de décision. À l’avenir, il incombera à chacun de nous de gérer les risques sanitaires prédits par la science. Nous devrons choisir à quelle information nous souhaitons accéder et comment agir en conséquence. Ce qui signifie être en me- sure de peser le pour et le contre, et de faire un choix entre les bénéfices potentiels d’un traitement et les dommages que pourrait entraîner un diagnostic erroné.
Des villes de plus en plus connectés
La structure de la société aura aussi une incidence sur notre santé. En 1970, seules deux villes dans le monde comptaient plus de 10 millions d’habitants : Tokyo et New York. Il existe aujourd’hui 37 mégalopoles de taille égale ou supérieure.
Nombre de leurs habitants vivent dans des conditions misérables et il est probable que la situation empirera encore à l’avenir. Les Nations Unies ont estimé que jusqu’à deux milliards de personnes vivront dans des bidonvilles en 2030.
Non seulement les villes grandissent, mais se connectent davantage entre-elles. Chaque jour, plus de 100 000 vols commerciaux relient les aéroports du monde entier. Ceci explique pourquoi l’épidémie de grippe de 2009 a pu faire le tour du monde en quelques semaines seulement, et comment la souche d’E. Coli résistante à la colistine, repérée pour la première fois en Chine à la fin de l’année 2015, a pu apparaître en Pennsylvanie quelques mois plus tard.
Si l’on considère les liaisons aériennes, alors certaines villes sont beaucoup plus proches les unes des autres que sur la carte.
L'accès et le partage des données plus rapide
En 2016, durant la guerre civile en Syrie, des chirurgiens hautement qualifiés ont guidé par webcam, depuis la Grande- Bretagne ou le Canada, des médecins locaux pour réaliser des interventions chirurgicales en zone de guerre. Avec les progrès constants de la réalité augmentée et de la robotique, des actes chirurgicaux complexes pourront bientôt être exécutés à distance.
Le partage mondial des données facilitera également les traitements à domicile. Plutôt que de chercher à obtenir un rendez-vous avec leur médecin, les patients discuteront de leurs problèmes avec des logiciels de triage à base d’intelligence artificielle et, au besoin, bénéficieront de consultations « immersives » par réalité augmentée sans devoir quitter leur domicile.
Le trans-humanisme, la recherche d'un humain plus performant
Les trans-humanistes pensent que nous devrions améliorer radicalement l’être humain en utilisant les technologies de pointe de la pharmacologie, de l’ingénierie génétique, de la cybernétique et des nanotechnologies. En d’autres termes, nous devrions essayer de créer de nouveaux types d’humains améliorés par rapport à nous. Imaginez un monde futur habité par une nouvelle espèce de post-humains beaucoup plus heureux, vertueux et intelligents, dont les vies se mesureraient en siècles et non plus en décennies. C’est l’avenir que les trans-humanistes imaginent et auquel ils travaillent.
L’allongement radical de l’espérance de vie est une aspiration probablement aussi vieille que l’humanité elle-même. Pourtant nous avons accompli peu de pro- grès dans ce sens. À l’heure où ces lignes sont écrites, la Française Jeanne Calment détient toujours le record de longévité humaine avec 122 ans (1875-1997). La science médicale a fait beaucoup pour élever la durée de vie moyenne des êtres humains mais n'a guère fait avancer la longévité maximale.
En théorie il sera possible de maintenir un corps humain en vie indéfiniment pourvu que nous réparions et remplacions ses cellules et organes, par exemple en employant la technologie des cellules-souches. En utilisant les propres cellules-souches d’un patient, les scientifiques ont déjà démontré qu’il était possible de faire pousser en laboratoire un nouvel organe, comme une vessie.
Cet article traitant de notre futur hypothétique n'est qu'une courte introduction au livre présenté ci-dessous, comprenant quant à lui une analyse complète .

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Extrait du titre Ce que la science sait du monde de demainCollection QuantoPublié chez EPFL



